Pissed Jeans – King of Jeans

Rock ‘n Roll will never die, on peut dire/faire ce qu’on veut, tant qu’il restera des mecs et nanas avec un coeur gros comme un Marshall JVM et des pédales de disto, Lemmy peut (presque) mourir tranquille. Pissed Jeans fait du rock ‘n roll, avec passion, rage, et beaucoup de bruit. Le genre d’album qu’il est inutile de chroniquer à la Pitchfork, avec trois tonnes de comparaisons (ici, en gros, c’était Fucked Up, Melvins, Butthole Surfers et Jesus Lizard) et d’hyperboles. Il faut juste l’entendre.
Alors, pour pousser à l’écouter, je dirai que Pissed Jeans, c’est une section rythmique digne des débuts du grunge (parfois, j’entends Tad, figurez-vous), des guitares évidemment très punk rock mais parfois nettement plus complexes avec quelques solos sérieux, et une voix qui rappelle effectivement la rage du Fucked Up Pink Eyes. Les morceaux sont parfois rapides (False Jesii Part Two), sludgy (Pleasure Race), lents/lourds (Request for Masseuse, Lip Ring) voire totalement frénétiques (Human Upskirt). Vers les deux tiers de l’album, un morceau se fait remarquer en dépassant les 2’30 habituelles : Spent en fait même plus de sept, mais n’est pas le Grand Morceau Epique pour autant : c’est plutôt un mégalithe qui peut effectivement justifier le namedropping des Melvins (ou de Sabbath, évidemment). Ensuite, on retrouve les durées habituelles, la basse fuzzy et les guitares dans tous les sens, comme sur R-Rated Movie, dont le titre n’est pas la seule chose qui fait penser à Queens of The Stone Age (early, bien sûr). Et ça fait autant de bien. Quant aux paroles, elles sont souvent humoristiques et ridiculisent la vie 9h/17h et ses tracas quotidiens, des voitures en panne à la calvitie précoce.
Intense, excitant et puissant, King of Jeans ne réinvente par le rock, il se contente de le faire vivre, ce qui est peut-être encore plus difficile.

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