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6juil/090

Future Of The Left – Travels With Myself And Another

Vous savez ce que j'aime? Le risque et l'incertitude. Écouter un album dont j'attends beaucoup, pour me rendre compte après un petit temps que mes attentes sont satisfaites, voire dépassées. Ce qui arrive assez peu souvent, il faut le reconnaître. Mais en ce qui concerne Andy "Falco" Falkous, c'est régulier. Mclusky était incapable de se planter, et quand le groupe s'est séparé et que Falco a créé Future of the Left, le risque était grand. Curses fut un fantastique album. Ensuite venait le moment du second, avec le danger classique du "sophomore slump". Une fois de plus, Falco a défié toute attente, avec un album excellent, alliant les compositions plus poppy (enfin, tout est très relatif) de FOTL avec l'attitude que Mclusky a toujours eu.

L'album commence avec quelques secondes de calme, mais l'assaut sonique n'allait pas tarder à commencer, avec la guitare brute de Falco, la basse vrombissante de Kelson Mathias (ex-Jarcrew, tant qu'on est dans le namedropping) alliée à la rythmique puissante de Jack Egglestone (ex Mclusky aussi). FOTL a ajouté une utilisation régulière du tellement peu punk clavier, mais il s'insère cette fois mieux dans les compos, comme si le groupe avait appris à l'intégrer entièrement. On est alors partis pour trente-trois minutes intenses, puissantes mais toujours précises : Falco a toujours insisté sur l'écriture de vraies chansons, comme en témoigne un des autres points forts du groupe, les paroles ironiques/amusantes/franchement barrées. Throwing Bricks At Trains raconte exactement ce que le titre annonce, un raid de deux types qui voudraient commencer une révolution. En lançant des pierres du haut d'un pont.

Ce que FOTL a de plus que Mclusky, c'est une étonnante recherche mélodique, qui pourrait un jour, dans un univers parallèle, leur valoir un hit. I Am Civil Service est le morceau qui s'y rapproche le plus, avec un refrain très catchy, mais avec des paroles comme "If I eat what I fuck, and I fuck what I eat, am I worthy?", c'est pas encore pour tout de suite. Juste après, Land Of My Formers est assez dingue, avec la voix de Falco s'élevant dans un nuage de bruit.

La seconde moitié de l'album est peut-être un chouïa en retrait, mais l'attaque personnelle contre les tenanciers des salles de concerts Barfly (That Damned Fly) est hilarante. Le dernier morceau (le seul dépassant les quatre minutes) est un monument à lui tout seul, synthétisant le groupe, avec paroles grinçantes ("Morgan Freeman would roll in his grave") et dynamique quiet/loud schizo.

C'est donc une confirmation impressionnante : Future of the Left est un groupe en tant que tel, et n'a déjà plus vraiment besoin des incessantes comparaisons avec le passé glorieux des différentes membres. Mais ce qui est encore plus rassurant, c'est que même si FOTL devait exploser, on sait que Falco reviendra, encore meilleur. Et ça, c'est un sentiment inestimable.

20sept/070

Future Of the Left – Curses

La séparation de Mclusky a été, n'ayons pas peur des mots, ressentie comme une vraie catastrophe. J'ai déja suffisamment dit le bien que je pensais d'eux, ici, ici ou encore , il était juste temps pour eux de passer à autre chose, surtout qu'ils se tapaient quand même méchamment sur la tronche, à la fin. Le bassiste légèrement dérangé Jon Chapple a formé Shooting At Unarmed Men avant de s'exiler en Australie, alors que les deux autres tiers, le chanteur/guitariste Andy "Falco" Falkous et le batteur Jack Egglestone ont été rejoint par l'ex Jarcrew Kelson Mathias pour former Future Of The Left.

Ceux qui s'attendaient (étrangement d'ailleurs) à quelque chose de radicalement différent de Mclusky seront sans doute déçus. FOTL porte clairement la marque de fabrique de Falco, à savoir les paroles acerbes et titres étranges, mais aussi la batterie sous amphés d'Egglestone. Mais ils n'ont pas pour autant photocopié leur ancien matériel : FOTL est différent de Mclusky, notamment par une production moins dense (pas d'Albini cette fois) et l'utilisation ingénieuse d'un synthé passé sous distortion.

Ceci dit, la puissance est souvent au rendez-vous, comme on peut le remarquer d'entrée, avec The Lord Hates A Coward ou Plague Of Ounces, même si on ne cherche pas le volume sonore à tout prix, comme démontré dans l'assez upbeat My Gymnastic Past. Les claviers, quant à eux, donnent parfois un aspect plus poppy, meme si des paroles comme "Colin is a very pretty pussy" ne passeront pas vraiment à la radio. Mclusky envoie la sauce quand c'est nécessaire : Small Bones Small Bodies (on vous parlait des titres) tient sur un riff monolithique, alors que le clavier de Team:Seed rappelle les meilleurs scores de série Z italiens. Un morceau au piano clôture l'album, avant qu'on se sente évidemment obligé de le réécouter.

Curses est bon, très bon, et réussit dans tous les domaines : il rappelle Mclusky sans copier, mais tient sur des deux jambes, sans que les références soient nécessaires. Une réussite majeure, qui rappelle l'importance de Falco dans la paysage rock indie. Et, au passage, un des albums de 2007.