Music Box This is my music box, this is my home

4fév/112

Les oubliés de 2010

Je m'en suis déjà plaint à quelques reprises, je n'ai pas eu/pris assez de temps pour Music Box en 2010. Chaque année, je dois faire des choix, évidemment, mais cette fois, j'ai battu un record d'articles non écrits d'albums dont je voulais pourtant parler. Alors, plutôt que de reporter éternellement des chroniques qui seraient probablement restées non-écrites, je vais juste écrire quelques lignes ici sur ces "disques" qui auraient largement mérité une chronique, et qui, a une autre époque, l'auraient eue.

Wavves - King of the Beach : album sympa, j'imagine que c'était un choix entre Harlem et Wavves. Je me rattraperai au prochain.

Motörhead - The World is Yours : tous les deux ans, nouveau Motörhead. Une fois de plus, il est très bon, pas besoin de moi pour le savoir. Rarement un groupe si "vieux" sera resté si bon si longtemps.

Kings of LeonCome Around Sundown : A long time ago, we used to be friends. But I haven't thought of you lately at all.

Fistful of Mercy - As I Call You Down : j'ai vraiment aimé l'album, malgré son côté AOR. Superbe harmonies vocales, et aucun des trois membres (Dhani Harrison, Joseph Arthur, Ben Harper) ne tire la couverture à lui.

RobynBody TalkJanelle MonaeThe Archandroid : là aussi, j'ai beaucoup aimé, surtout l'invraisemblable versatilité de The Archandroid. Mais peut-être ne suis-je pas assez armé pour parler de ce genre de musique? J'ai sans doute tort, mais ce sont deux excellents albums, dans des styles pourtant éloignés de ce que je suis censé écouter.

Ludachrist - Talk is Cheap Girl Talk - All Day : je me suis bien amusé en écoutant ces mashups, et j'ai d'ailleurs parlé de Girl Talk sur Tumblr. Mais il vaut mieux écouter que lire, surtout qu'ils sont tous deux disponibles gratuitement.

The FallYour Future Our Clutter : occasion manquée d'enfin chroniquer un album de Fall. Le dernier es carrément un des meilleurs, Mark E fucking Smith = the man.

GorillazThe Fall : pourtant, c'estpeut-être mon album préféré de Gorillaz, avec le premier. Moins glouton, moins de guests, juste l'incommensurable talent de Damon Albarn. Je me réserve quand même le droit d'en parler lors de son éventuelle sortie physique.

Off!The First Four EPs : j'en parlerai peut-être pour Shoot Me Again, celui-là. Pour une fois que j'écoute encore du hardcore, quelle bombe.

Greenhornes - **** : j'ose? Oui : meilleur que les Raconteurs et Dead Weather réunis.

Foals - Total Like Forever : grand mystère, je ne comprends pas pourquoi je n'arrive pas à accrocher. Pourtant, je n'ai vraiment rien de mal à en dire.

LCD Soundsystem - This Is Happening : ouais, ok, c'est pas mal. Mais bon.

Kanye West : My Dark Twisted blablabla : mais qu'est-ce que c'est chiant.

Blood Red ShoesBlood Like This : nan, celui-là, il faut que j'en parle. RAWK AND ROWL.

Voilà, et maintenant, 2011 peut commencer, wanna go for a ride?

Remplis sous: Articles, Méta 2 Commentaires
22sept/080

Kings Of Leon – Only By The Night

K

Trop, trop tôt, trop vite. Only By The Night arrive à peine un an après Because Of The Times, qui a vu les trois frères et cousin du Tennessee devenir un groupe alliant reconnaissance critique et succès populaire. On s'en rend compte dès la première écoute : c'est trop tôt. Malheureusement, on peut voir pourquoi l'album sort maintenant : il fallait battre le fer tant qu'il était (très) chaud.

Because Of The Times, malgré son haut rendement en décibels et mélodies, comprenait des prémices d'une certaine facilité, qu'on pouvait perfidement qualifier de U2isation. On pouvait espérer que ce n'était pas le cas, et que Kings Of Leon avait bien le droit d'écrire des mélodies faciles. Et puis, la voix de Caleb Followill pouvait, semble-t-il, rendre n'importe quoi passionnant. Peut-être, mais Only By The Night va un peu loin, et manque tout simplement de bons morceaux.

Closer et Crawl entament très bien l'album, entre paysages sonores intenses et agressivité retenue, mais le single Sex On Fire est le premier signe que quelque chose ne tourne pas trop bien. Oh, le morceau est chouette (la ligne de basse est terrible, comme souvent chez KoL), mais il est juste trop évident. La suite déroule : des tics vocaux irritants alors que Caleb Followill a une voix extraordinaire, des mélodies recyclées et des tempos bien trop consensuels. De même, les paroles parfois (rarement) politiquement engagées sonnent assez faux, surtout à côté, justement, d'un Sex On Fire lamentablement littéral.

Use Somebody est dégoulinant de bonnes intentions, fort éloignées de l'attitude qu'on attendait de la part de Kings Of Leon, et qui s'est peut-être envolée avec leurs nouvelles coupes de cheveux tellement sexy. Mais ils arrivent encore à sauver tout ça avec un bridge tellement Pixies qu'on imagine (pas trop longtemps) Caleb crâne rasé avec 120 kilos de trop. C'est cela qui permet à Only By The Night de ne pas trop s'enfoncer. Pour chaque décision étrange, chaque hook formaté, chaque exagération vocale, on aura une ligne de basse monstrueuse, une guitare ingénieuse et un moment de bravoure vocale. Le problème, c'est qu'avant on ne devait pas attendre ces moments, ils nous sautaient directement à la gueule.

Tout cela est donc acceptable, mais jusqu'à un certain point. Revelry a tout ce qu'on ne voulait pas avoir chez Kings Of Leon : des fins de vers énervantes, des paroles bidon, un arrangement kitschissime. Mais en milieu de concert, avec les lumières tamisées et les GSM dressés, ça marchera bien, évidemment. 17 (devinez de quoi ça parle?) commence comme un ... chant de Noël, avec les cloches et tout ça. Même pas drôle. On touche ici à ce qui est à ce jour la grande faiblesse des albums de Kings of Leon : la difficulté de produire une seconde moitié aussi bonne que la première. Le piano de Notion ne fait rien pour changer ça, et on aurait vraiment espéré que le groupe attende un peu et écrive de meilleurs morceaux avant de revenir si vite.

Only By The Night ne doit pas signer l'arrêt de mort d'un excellent groupe, juste tirer le signal d'alarme. Les quatre Kings Of Leon ont deux routes devant eux. L'une est large, fréquentée, pavée de lumières claires (et de filles nues, mais de toute façon toutes leurs routes sont pavées de filles nues) et les emmènera vers la mégastarification, l'autre leur offrira la possibilité de sortir leur grand album, leur chef d'oeuvre. Mais Only By The Night est déjà leur quatrième : ils n'auront plus de droit à l'erreur. Il est temps qu'ils nous montrent ce qu'ils ont dans les tripes, mais qu'ils attendent deux bonnes années.
30mar/070

Kings of Leon – Because of the Times

2006 fut une année intéressante pour Kings of Leon : sans aucune actualité discographique, ils ont joué en première partie de Dylan, U2 et Pearl Jam, excusez du peu. Il faut dire que le groupe ne manque pas de qualité, et de culture musicale, comme le prouvent leurs deux excellents albums. Arrive maintenant le troisième, qui a la difficile tâche de repousser les limites fixées par le superbe Aha Shake Heartbreak.

De manière aussi flamboyante que surprenante, le défi est réalisé. Because Of The Times est, jusqu'ici, le meilleur album de 2007. Tout aussi surprenant est le premier morceau : combien de groupes commencent un album avec un morceau de sept minutes? Et surtout, combien réussissent à allier l'atmosphère guitaristique des premiers U2 avec une rythmique implacable, et surtout, surtout, la voix de Caleb Followill. Ce dernier sera un des chanteurs légendaires du rock, aux côtés des Eddie Vedder, Chris Cornell et Layne Staley, j'en prends les paris. Il possède un style bien à lui, alliant accent sudiste à envolées parfois difficilement compréhensibles, et totalement inimitable.

Moins inimitables sont les référence évidentes : Charmer est tellement Pixies qu'on attend presque des paroles en espagnol, mais le morceau est tellement bien foutu qu'on ne peut pas leur en tenir rigueur. On Call rappelle aussi la pédale de délai de The Edge, alors que les autres guitares sont parfois Stone Gossard, parfois Mike McCready. Mais une fois de plus, il s'agit plus d'inspiration que de pâle copie, tant le talent éclabousse l'auditeur. La première moitié de l'album est complètement in your face, rapide, grunge (oui!) et sans concession. Ensuite, les choses se calment, et l'ambiance devient plus introspective. De fait, les morceaux deviennent moins immédiatement mémorables, mais tout aussi bien construits et exécutés. Les choses se terminent avec le superbe et traînaillant Arizona, qui me rappelle très bizarrement Will You Be There de Michael Jackson. Mais c'est sûrement dans ma tête.

Because Of The Times est un grand album, d'un calibre rarement obtenu de nos jours. Avec lui, Kings Of Leon ont largement de quoi conquérir un public plus large, mais on préférerait certainement les garder pour nous, et ne pas laisser ces quatre gamins (ils n'ont encore jamais que 23 ans de moyenne d'âge) prendre des chemins plus faciles, plus commerciaux, moins intéressants. Mais quel album.

8nov/040

Kings of Leon – Aha Shake Heartbreak

Il ne manquait plus que Kings of Leon pour terminer la série des deuxièmes albums de groupes New Rock Revolution (copyright NME), et ils le font en beauté. Contrairement à presque tous leurs prédécesseurs, le groupe ne copie pas (en moins bien) leur début, mais sort un vrai nouvel album. Différent, complémentaire, mais certainement pas moins bon. Youth and Young Manhood était l’album de quatre gamins (3 frères, leur cousin) qui découvraient le monde, eux qui n’étaient jamais sortis de leur bourgade ultra-religieuse du Deep South US (un peu comme leur président, donc), celui-ci les voit hurler leurs découvertes au reste du monde. Sorties, concerts, drogues, filles, MST (si si), Aha Shake Heartbreak est une sorte de dépucelage à grande échelle, mais particulièrement extatique.

Plus varié (évidemment), plus Strokes que CCR, plus émotionnel, ASH montre le grand talent musical que ces 4 ados, et surtout de la voix carrément extraordinaire de Caleb Followill. L’album est moins immédiat que le précédent, mais après deux-trois rotations, il se dévoile, et ne déçoit pas. Bravo, et bonne chance pour la suite, ça ne sera pas facile…
23nov/030

Kings of Leon @ Ancienne Belgique, Bruxelles, 21/11/03

Alors hype ou pas ? La première belge de Kings of Leon a été accueillie plus froidement que celle des Strokes il y a deux ans, en tout cas. Mais cela n’a pas d’importance. Jeune groupe issue du Deep South US, les trois frangins Followill (et un cousin) participent à cette soi-disant révolution rock, même si KOL rajoute pas mal d’influences locales, country ou blues, à la CCR. Dès le début du concert, une chose frappe : ce groupe est bon, très bon. La section rythmique est excellente et le lead guitariste maîtrise très bien les canons des licks blues-rock. Les morceaux ne suivent pas tous, mais le groupe est jeune, et s’il continue à se développer, pourrait devenir excellent. Leur album Youth and Young Manhood comptera parmi les meilleurs de 2003, mais ils sont encore meilleurs sur scène, ce qui est rare, surtout en tenant compte de leur relatif manque d’expérience. Ils ont tout pour réussir, technique, talent, style et attitude, même un peu trop d’ailleurs. En effet, le concert a failli dégénérer lorsque le chanteur a cru apercevoir une caméra dans le public (qui était en fait un GSM). Après intervention de leurs roadies pour trouver l’objet, deux membres du groupe d’ont rien trouvé de mieux que de cracher dans leur public, puis de proposer à un spectateur mécontent de régler tout cela dehors, avant de quitter la scène après 40 minutes de concert. On mettra tout cela sur le compte de leur manque d’expérience, mais il vaudra mieux que cela ne se représente plus. Dommage quand même.
Remplis sous: Concerts Aucun commentaire