Les oubliés de 2010
Je m'en suis déjà plaint à quelques reprises, je n'ai pas eu/pris assez de temps pour Music Box en 2010. Chaque année, je dois faire des choix, évidemment, mais cette fois, j'ai battu un record d'articles non écrits d'albums dont je voulais pourtant parler. Alors, plutôt que de reporter éternellement des chroniques qui seraient probablement restées non-écrites, je vais juste écrire quelques lignes ici sur ces "disques" qui auraient largement mérité une chronique, et qui, a une autre époque, l'auraient eue.
Wavves - King of the Beach : album sympa, j'imagine que c'était un choix entre Harlem et Wavves. Je me rattraperai au prochain.
Motörhead - The World is Yours : tous les deux ans, nouveau Motörhead. Une fois de plus, il est très bon, pas besoin de moi pour le savoir. Rarement un groupe si "vieux" sera resté si bon si longtemps.
Kings of Leon - Come Around Sundown : A long time ago, we used to be friends. But I haven't thought of you lately at all.
Fistful of Mercy - As I Call You Down : j'ai vraiment aimé l'album, malgré son côté AOR. Superbe harmonies vocales, et aucun des trois membres (Dhani Harrison, Joseph Arthur, Ben Harper) ne tire la couverture à lui.
Robyn - Body Talk / Janelle Monae - The Archandroid : là aussi, j'ai beaucoup aimé, surtout l'invraisemblable versatilité de The Archandroid. Mais peut-être ne suis-je pas assez armé pour parler de ce genre de musique? J'ai sans doute tort, mais ce sont deux excellents albums, dans des styles pourtant éloignés de ce que je suis censé écouter.
Ludachrist - Talk is Cheap / Girl Talk - All Day : je me suis bien amusé en écoutant ces mashups, et j'ai d'ailleurs parlé de Girl Talk sur Tumblr. Mais il vaut mieux écouter que lire, surtout qu'ils sont tous deux disponibles gratuitement.
The Fall - Your Future Our Clutter : occasion manquée d'enfin chroniquer un album de Fall. Le dernier es carrément un des meilleurs, Mark E fucking Smith = the man.
Gorillaz - The Fall : pourtant, c'estpeut-être mon album préféré de Gorillaz, avec le premier. Moins glouton, moins de guests, juste l'incommensurable talent de Damon Albarn. Je me réserve quand même le droit d'en parler lors de son éventuelle sortie physique.
Off! - The First Four EPs : j'en parlerai peut-être pour Shoot Me Again, celui-là. Pour une fois que j'écoute encore du hardcore, quelle bombe.
Greenhornes - **** : j'ose? Oui : meilleur que les Raconteurs et Dead Weather réunis.
Foals - Total Like Forever : grand mystère, je ne comprends pas pourquoi je n'arrive pas à accrocher. Pourtant, je n'ai vraiment rien de mal à en dire.
LCD Soundsystem - This Is Happening : ouais, ok, c'est pas mal. Mais bon.
Kanye West : My Dark Twisted blablabla : mais qu'est-ce que c'est chiant.
Blood Red Shoes - Blood Like This : nan, celui-là, il faut que j'en parle. RAWK AND ROWL.
Voilà, et maintenant, 2011 peut commencer, wanna go for a ride?
Motörhead – Motörized
Motörhead, ils n'ont qu'un morceau. Celui qui commence avec une basse invraisemblablement puissante, quelques accords de guitare, une batterie monstrueuse et une voix passée à l'acide chlorhydrique. Ils repassent le même depuis des années, et 20 albums studio. Le problème, c'est que le morceau en question est très très bon.
Blague (?) à part, voici ldonc le XXème album de la bande à Lemmy, Légende incontestable du rock n' roll, et sans doute la seule personne au monde à avoir parlé à Jimi Hendrix et Elvis Presley tout en continuant à tourner inlassablement partout dans le monde. On peut s'attendre légitimement que leur production discographique soit aussi insignifiante que celles des Rolling Stones, mais ce serait une grosse erreur. Motörhead n'a jamais été aussi bon. Inferno (2004) donnait le ton et enfonçait nombre de jeunes groupes contemporains, et ce Motörized enfonce le clou (qui ne sera pas celui du cercueil de Lemmy : il est immortel).
On sait à quoi on s'attend, en écoutant Motörhead, mais on imagine difficilement réussir à avoir encore plus : Runaround Man offre tout ça et un refrain terrible, qui ferait pâlir d'envie n'importe quel faiseur de hit anglo-saxon. Teach You How To Sing The Blues est la profession de foi de Saint Lemmy, alors que Rock Out reprend la formule classique d'Ace of Spades pour en faire un hymne à l'intention des ptits jeunes de maintenant. English Rose rappelle la légende de Lemmy le séducteur, mais ce qui serait prétentieux et totalement hors de propos est transformé grâce un refrain énorme, qu'on scandera sans honte.
On n'en parle pas assez, mais Lemmy est loin d'être un auteur idiot : When The Eagle Screams s'attaque à l'absurdité des guerres avec un recul étonnant de la part de « ce genre de groupes » (ou l'art de passer outre les stéréotypes), alors que The Thousand Names of God est le morceau critique envers la religion et la guerre (mais est-ce vraiment différent?) de l'album, un thème récurrent chez Lemmy.
Motörhead est encore et toujours au dessus du lot, ils pourraient simplement se contenter de leur réputation et ne plus rien sortir, voir se reposer sur leurs lauriers et devenir un pastiche d'eux même (non, je ne vise pas le groupe chroniqué ci dessous). Non seulement ils ne le font pas, mais sortent à intervalles réguliers de nouveaux albums dont certains arrivent à un niveau étonnant. Motörized est définitivement de ceux là, c'est même carrément un de leurs meilleurs albums tout court. Enfin, courez les voir sur scène : l'expérience est inimitable.
Motörhead – Kiss of Death
C'est invraisemblable, et pourtant... 350 ans après leur premier album, Motörhead existe toujours (ce qui est déjà un exploit en soi), mais en plus continue à sortir de très bons albums, alors qu'ils pourraient bêtement se reposer sur leur passé (ou pire, devenir Metallica).Kiss of Death, même si pas aussi percutant que le précédent, Inferno, reste tout à fait appréciable, surtout quand Motörhead se prend pour un jeune groupe de rock garage, et aligne les riffs imparables et les coups de double bass drums. Et puis, évidemment Lemmy, et sa voix inimitable. Motörhead montre ce qu'est le pur rock n roll, limite punk (Be My Baby, par exemple) mais tente parfois quelques petits écarts, comme l'étrange Kingdom of the Worm ou God Was Never on Your Side, qui commence avec une tranquille guitare acoustique avant, forcément, de dégénérer.
Lemmy résume tout, "You can't mess with Dr Rock". 'Nuff said.
Motörhead – Inferno
The loudest band in the world... Motörhead, autant le dire d'emblée, est un phénomène. Les groupes capables de sortir un tel album après plus de 25 ans de carrière sont rares, si pas carrément inexistants. Et pourtant, ils pourraient se contenter de compter sur leur gloire passée (Ace of Spades, sans doute un des morceaux rock les plus compilés, avec Stairway to Heaven et Smoke in the Water), et sortir best of après best of... Ces 5 dernières années, le groupe du mythique Ian "Lemmy" Kilmister a sorti 3 très bons albums (We Are Motörhead, Hammered et Inferno), un dvd/cd live (Boneshaker) et un boxset récapitulatif (Stone Dead Forever), entrecoupé de longues tournées : le groupe ne se repose jamais.
Bien sûr, Inferno n'apporte pas vraiment d'innovations : il montre Motörhead en train de faire ce qu'il font le mieux (les mauvaises langues diront qu'il s'agit de la seule chose qu'ils savent faire...), à savoir du pur rock n' roll, un peu punk, un peu garage, un peu métal, mais très bruyant, et surtout, significatif : ces 3 mecs de 50 balais croient plus au rock qu'une dizaine de Vines ou Datsuns 40 bonnes minutes de speed garage donc, porté par la basse et la voix hyper reconnaissables de Lemmy, une batterie assourdissante et des riffs violents. On retrouve en outre une autre légende, Steve Vai, qui fournit deux solos époustouflants. Et comme souvent chez Motörhead, on retrouve un morceau un peu différent, cette fois-ci une chanson country-harmonica tout à fait dispensable.
Superbe album donc, encore plus compte tenu du contexte. On pardonnerait presque à Lemmy sa collection de souvenirs nazis. Presque.




