Mudhoney – The Lucky Ones
Avec Mudhoney, on s'attend à du rock roots, intense, à la pédale de disto omniprésente. Et c'est exactement ce qu'on a ici, en encore plus roots et intense que d'habitude. Là où l'album précédent ajoutait des cuivres, ci c'est du pur putain de rock, remontant tout droit au MC5. On se souvient que le chanteur Mark Arm avait participé à la réunion de ces derniers, et on retrouve dans sa voix toute l'intensité requise. Arm, vingt ans après, est toujours aussi habité. Et tant pis s'il ne chante pas toujours très bien : le rock n'est pas une science exacte.
Inside Out Over You est aussi proche du son Mudhoney que possible. Bruyant, sludgy, organique, tout l'album sonne live et vrai. La section rythmique est toujours aussi monumentale, et la classe naturelle de Steve Turner s'exprime grâce à ses guitares tantôt agressives, tantôt Neil Youngiennes (We Are Rising) ou lorgnant du côté de Sonic Youth.
Forcément, on ne va pas réinventer la roue. Rien de ce qui se retrouve dans cet album n'aurait pu se retrouver au coeur des seventies, mais on sait ce qu'on aura, et on l'a, à la perfection. Tales of Terror est une bombe rock 'n roll, qui rend futile toute innovation pendant trois minutes.
Mudhoney – Under A Billion Suns
Quand on parle du quatuor légendaire du grunge, on cite généralement Nirvana, Soundgarden, Alice In Chains et Pearl Jam. Mudhoney est systématiquement omis, malgré une grande influence et quelques excellents albums. En plus, contrairement à 3 des 4 groupes cités, ils existent toujours, et sortent (à quelques semaines de Pearl Jam) leur nouvel album, Under A Billion Suns, 18 ans après leur fameux morceau Touch Me I’m Sick.
Toutes ces années n’ont pas (trop) usé le groupe : les guitares de Steve Turner et Mark Arm sont toujours aussi distorted et overdriven, et la voix de ce dernier reconnaissable entre 1000, et très efficace. Where Is The Future, It Is Us, ou l’excellent Hard-On For War sonnent comme des classiques grunge, agrémentés parfois de discrètes trompettes et saxophones.
Mais les influences ne se réduisent pas à Seattle : I Saw The Light, par exemple, voit Mark Arm invoquer l’esprit de Jim Morrison et du pur rock/soul.




