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11nov/100

Single : Beady Eye – Bring the Light

Il l'a fait, finalement. Un an et demi après que son frère Noel se soit cassé d'Oasis, Liam et le reste du groupe (les guitaristes Andy Bell et Gem Archer, le batteur Chris Sharrock et le claviériste Jay Darlington, auxquels on ajoute le bassiste de Gorillaz Jeff Wootton) sort le premier single de Beady Eye, Bring the Light. Le morceau est produit par Steve Lillywhite, et précède un album qui devrait sortir l'an prochain.

Et ça ressemble à quoi? Pas aux Beatles, c'est déjà ça, mais plutôt à un étrange mix entre les Kinks et Status Quo. Plein de claviers, un choeur, et des paroles absolument abyssales. Au moins un point commun avec Oasis. Mais gros bof quand même, on attend la suite.

Le morceau est écoutable ici plus bas, et en téléchargement gratuit sur le site, suffit de cliquer. Il y avait aussi un 7" en édition limitée (4000) avec la face B Sons of the Stage, mais tout est parti, sans doute pour se retrouver sur eBay dans quelques semaines.

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10oct/080

Oasis – Dig Out Your Soul

Pour la première fois depuis bien longtemps, Noel Gallagher n'a pas annoncé Dig Your Own Soul comme le meilleur album d'Oasis depuis (What's The Story) Morning Glory. Est-ce pour cela qu'il l'est?

Être surpris par un album d'Oasis, c'est quasi impossible (enfin, sauf lorsque tout le monde l'a été par le bien mauvais Standing On The Shoulder Of Giants), mais ici, on l'est doublement : par la qualité générale de l'album, mais aussi par certains morceaux individuels assez éloignés de ce qu'on attend des Mancuniens depuis quelques années, comme le premier morceau, Bag It Up. Plus blues poisseux que Britpop, il voit Liam changer partiellement sa façon de changer, et aussi la démonstration d'une basse proéminente : cet élément, typiquement peu présent chez Oasis, le sera tout au long de l'album. Le refrain est déjà plus classique, mais c'est clairement un bon début, surtout que The Turning surprend encore plus avec son intro au piano et une atmosphère vraiment différente. Bon, le coda inspiré par Dear Prudence nous rappelle à l'ordre, mais quand même, c'est étonnant.

Noel a maintenant l'habitude de chanter au moins trois morceaux par album, ce qui est généralement au moins deux de trop. Ici, Waiting For The Rapture tient parfaitement la distance, Noel chante bien, et profite d'un groove de basse protorock terrible : Dig Your Own Soul est leur album groove, mais oui. Le single The Shock Of The Lightning est un peu plus classique, et suit la tradition du bon gros morceau rock comme premier single (Go Let It Out, The Hindu Times, Lyla), mais malgré son "emprunt" aux Strokes (allez voir l'intro de The Way It Is, sur Room On Fire) et son manque d'originalité, il est très efficace.

Quatre sur quatre, il faut remonter à très longtemps pour qu'un album d'Oasis commence aussi bien, sans doute à Morning Glory, justement (Be Here Now a ses bons moments, mais Magic Pie n'en fait pas partie). Et la plus grosse surprise est encore à venir, avec I'm Outta Time, premier morceau de Liam Gallagher. Depuis Standing..., Noel a arrêté d'être le seul songwriter du groupe, et les résultats n'ont jamais été terribles. Les morceaux de Gem Archer et Andy Bell sont rarement mémorables, et Little James était si risible que les efforts ultérieurs de Liam n'ont pas été pris au sérieux. Ca devrait changer avec I'm Outta Time, ballade 50% Lennon, 50% Harrison et donc 100% Oasis, avec une ligne mélodique à tomber par terre et des paroles même pas ridicules. Le meilleur morceau de Liam depuis Born On A Different Cloud, et la fin de la première partie d'un album vraiment stupéfiant.

Ca ne pouvait pas vraiment durer. Dig Your Own Soul ne tombe jamais très bas, mais la seconde moitié déçoit. (Get Off Your) High Horse Lady ressemble plus à un interlude, avec la voix de Noel passée sous filtre téléphonique et une guitare sortie d'un moment peu inspiré de la période country de Neil Young. Falling Down relève tout de suite le niveau, avec son rythme évoquant (fatalement) Tomorrow Never Knows et un Noel qui chante vraiment de mieux en mieux, ce morceau étant sans aucun doute une de ses meilleures performances. Mais à partir de là, c'est un peu comme s'il avait décidé de partir trois semaines à Ibiza en laissant le reste du groupe boucler l'album : les quatre derniers morceaux viennent des autres membres.

Et même si la décision de Noel de ne plus tout écrire avait été bien accueillie à l'époque, force est de constater que les meilleurs morceaux ici (I'm Outta Time exclus) sont de Noel : The Nature Of Reality (Andy Bell) est tellement ennuyeux que Liam semble s'être fait royalement chier en le chantant, Ain't Got Nothin' est une tentative de Liam d'écrire comme Pete Townshend (conclusion : raté), Soldier On est une tentative de Liam d'écrire comme les Stone Roses (vous aurez compris) et To Be Where There's Life (Gem Archer) secoue le vieux sitar de George Harrison comme si The Verve s'en était emparé.

Autrement dit, moins on parle de ces morceaux, mieux c'est, et c'est vraiment dommage : Dig Your Own Soul n'est qu'un album à moitié excellent, mais quand il l'est, il se retrouve non pas qu'avec les meilleurs morceaux du groupe, mais comme Oasis est capable de sonner après quinze ans d'une évolution qu'on pensait impossible. Comme souvent avec eux, il reste à écouter les faces B (ou plus précisément le cd bonus de l'édition limitée) pour en sortir les gemmes habituelles, et regretter la séquence finale de l'album, forcément améliorable.

On ne doit quand même pas bouder notre plaisir pour autant : on sait que les jours de gloire sont passés et ne reviendront jamais, mais d'un autre côté, l'Oasis de 1996 n'aurait jamais pu écrire un album aussi bien produit, aussi abouti que Dig Your Own Soul. Un album solide, d'un groupe qui vient tout doucement de repasser du bon côté de la barrière.

6,5/10


NB : Malheureusement, le cd bonus se trouvant dans l'édition spéciale n'a rien de bien extraordinaire : les premiers remix autorisés par Oasis n'ajoutent rien d'intéressant (il faut dire que Jagz Kooner et les Chemical Brothers...) et les inédits et version alternatives démontrent pourquoi elles ne sont pas sur l'album. Et pourquoi Oasis n'a plus compilé ses autrefois phénoménales faces B depuis Be Here Now. OK, I Believe In All est encore sympa, mais uniquement parce que Liam chante "I can see for miles".

10déc/060

Oasis – Stop The Clocks


Noel Gallagher a un jour dit qu'Oasis ne sortirait de best of que lorsqu'ils n'existeraient plus. Sony/BMG est passé par là, et a forcé le groupe à compiler Stop The Clocks, histoire de terminer leur contrat. Noel n'a eu d'autre choix que d'accepter, mais il a au moins eu le bon goût de définir lui-même le tracklist et de ne pas inclure d'inédits, toujours inférieur au matériel compilé. Et dans ce cas, quel matériel!

Contrairement à la majeure partie de compilations de Noël (sans jeu de mot), celle de U2 étant un exemple parfait, on se base sur le succès commercial des singles et on prend les plus gros. Ici, rien de tout cela : moins de 50% des singles du groupe sont repris ici, ainsi que des morceaux d'albums et quatre faces B. Maintenant, quand on connaît la carrière d'Oasis, on sait que leurs faces B datant de 94 à 95 sont dans bien des cas supérieures aux singles, donc ce n'était pas un problème.

Le problème, c'est bien sûr l'immense chute de qualité de leurs albums, à dater de Be Here Now (1997). Résultat, des 18 morceaux présents ici, seuls quatre datent d'après 1995, et leur album What's The Story (Morning Glory)? Et encore, ce sont clairement les quatre morceaux les plus faibles du disque. Gallagher le sait, tout le monde le sait, le best of d'Oasis, c'est simplement tout ce qui est sorti entre Definitely Maybe et Morning Glory. Supersonic, Live Forever, Cigarettes And Alcohol, Wonderwall, Don't Look Back In Anger : ces morceaux font partie du patrimoine populaire anglais, auquel on peut ajouter Slide Away, Champagne Supernova ou encore The Masterplan, fréquemment citée comme meilleure face B de tous les temps (Rain des Beatles leur dispute généralement cet honneur). On n'a rien à ajouter sur la qualité des chansons, très dérivatifs mais dignes représentants d'une époque majeure de la culture populaire anglaise.

En ce qui concerne Stop The Clocks, on ne peut que chicaner sur l'inclusion/exclusion de certains morceaux (personellement : Songbird, Go Let It Out, The Importance Of Being Idle out, Stay Young, Don't Go Away et Rockin' Chair in) et surtout de l'oubli total de tout ce qui concerne Be Here Now, album cocaïne par excellence mais non dénué de qualités, et de la relative brièveté de l'affaire: quitte à avoir deux cds, autant les remplir, 5-6 morceaux supplémentaires auraient pu être ajoutés sans trop de difficulté.

Mais le problème majeur est tout autre. En fait, Stop The Clocks ne sert à rien. Pour avoir le best of d'Oasis, laissez tomber cet album, et procurez vous Definitely Maybe, (What's The Story) Morning Glory?, The Masterplan voire Be Here Now. Un peu plus cher, mais beaucoup mieux.

31mai/050

Oasis – Don’t Believe The Truth

Bien malgré eux, Oasis m'aura donné une bonne occasion de me marrer, en lisant le double article (interview + critique) bourré d'erreurs signé par Bernard Dobbeleer dans Télémoustique. On ne lui demande pas de tout savoir, mais juste de pouvoir taper www.google.com sur son ordinateur. Heureusement, tous les journalistes de ce magazine ne sont pas aussi pathétiques, et le niveau général reste au dessus de l'inénarrable Yves Hobin du Ciné-Télé Revue, mais quand même, c'est difficilement acceptable.

Ceci dit, voici donc le retour de l'ex-plus gros groupe du monde, qui n'aura jamais été aussi troublé : nouveau départ dans le groupe (le batteur Alan White, présent depuis le second album), et sessions d'enregistrement problématiques (les sessions avec Death In Vegas se sont mal passées, et tout est reparti de zéro). Don't Believe The Truth a été enfanté dans la douleur, et si on ajoute le fait que les trois derniers albums n'étaient pas fort terribles, on était en droit de craindre le début de la fin pour le (désormais) quatuor mancunien.

Surprise relative, DBTT est sans trop de doute le meilleur album d'Oasis depuis (What's The Story) Morning Glory?, sorti il y a déjà dix ans. Il débute avec ce qui est carrément un de leurs meilleurs morceaux tout court, Turn Up The Sun, hymne puissant et vibrant, emmené par un Liam plus en forme que jamais. Bizarrement, Noel reprend le chant avec Mucky Fingers, très Stones 70s, tout comme Lyla qui dérobe peu subtilement Street Fighting Man. Contrairement à ce que ce grand comique de Bernard Dobbeleer a écrit, Liam Gallagher écrit déjà depuis deux albums (comme les autres membres, d'ailleurs), avec des résultats assez mitigés. Même chose ici : Love Like A Bomb sonne beaucoup trop comme un certain groupe de Liverpool (l'intro est celle de You've Got To Hide Your Love Away) alors que Guess God Thinks I'm Abel est peut-être sa meilleure composition. Ailleurs, Noel "emprunte" Golden Brown pour Part Of The Queue, et, pour la première fois, échange des couplets avec son frère pour un prochain single évident et futur roi des mariages, Let There Be Love. Ceci dit, tout cela reste assez classique, et même si le groupe s’écarte un peu de ses sentiers habituels, on aurait pu espérer un peu plus d’originalité (on ne sait jamais…)

On est donc relativement satisfaits de cet album, et on se projette même dans le futur : pour la première fois, Oasis comprend 4 bons musiciens (on entend enfin la basse), et Zak Starkey (batteur ad interim et accessoirement fils de Ringo Starr) apporte ce qu'il leur manquait. Le futur pourrait donc sourire de nouveau à un groupe qui risquerait, how shocking, de ne pas mal vieillir.