Supergrass – Diamond Hoo Ha
Oui, les guitares reviennent en force, et avec elles une envie indéniable d'écrire des morceaux rapides, enlevés et moins sérieux. Pour cela, ils choississent un ton assez seventies, assez glam. Pourquoi pas, mais une fois de plus, la route vers l'enfer est pavée, etc etc. D'abord, les morceaux sont quand même moins solides qu'avant. Oui, le BITE ME de Diamond Hoo Ha Man est jouissif, mais le gimmick s'efface vite, comme les effets de guitare qui deviennent vite répétitifs.
C'est dommage, parce qu'ils sont toujours capables d'écrire de très bons morceaux pop, comme un Ghost Of A Friend dylanesquement chanté, ou le mouvementé Whiskey And Green Tea. Et c'est encore plus dommage, parce que Diamond Hoo Ha (c'est quoi ce titre, en plus?) est le moins bon album du 'Grass jusqu'ici, dans une discographie très recommandable qui a atteint l'excellence (In It For The Money, un des meilleurs albums British des 90s). Ici, on voit juste un groupe qui en a envie, certes, mais qui peine à se renouveler, à (re)trouver sa place. Ce qui n'est pas bon du tout.
Supergrass – Road To Rouen
Il a fallu quatre albums pour que Blur se défasse de son étiquette de groupe populaire pour passer la vitesse supérieure, avec leur excellent album éponyme. Blur faisait suite au fameux The Great Escape, pas mauvais en soi mais trop proche de leur précédent, Parklife.
Supergrass a un peu déçu avec Life On Other Planets, album plein de bonnes intentions et mélodies mais trop formaté, trop proche de leur production habituelle. Difficile à dire si le groupe a suivi l’exemple de Blur, mais Road To Rouen marque définitivement une grosse cassure pour le groupe, juste après leur compilation anniversaire Supergrass is 10. C’est d’ailleurs la seule comparaison valable entre les deux groupes : là ou Blur lorgna vers l’indie US (surtout Pavement), Supergrass revisite les atmosphères psychédéliques, entre Pink Floyd et The Beatles.
L’étrangement titré Tales Of Endurance Part 4, 5 and 6 semble bizarre a la première écoute, mais très vite, on se rend compte qu’il s’agit ni plus ni moins qu’un des meilleurs morceaux jamais joués par le groupe. Faisant irrémédiablement penser aux guitares traînantes de Wish You Were Here, le morceau s’articule autour d’une superbe ligne mélodique, qui se découvre peu à peu, se fait oublier avant de revenir en force.
St Petersburg est de loin le single le plus mélancolique, néanmoins battu par le superbe Roxy, ballade emmenée par un mellotron évidemment très Beatles. Le tout est très subtil, mais semble parfois un peu brouillon, comme démonté dans Road To Rouen, aux influences bizarrement Talking Heads. Kick In The Teeth est la seule concession au son classique Supergrass, alors que les deux morceaux de fin (Low C et Fin) terminent un album court, mais qui n’a sans doute pas fini de dévoiler toutes ses surprises.
Supergrass – Supergrass Is 10
Déjà dix ans... Dix ans depuis ce clip montrant trois ados hirsutes faisant les cons sur une plage anglaise, scandant des paroles optimistes... Depuis, Supergrass est moins jeune, mais bien meilleur aussi. Ces dix ans ont fait du groupe l'un des meilleurs du Royaume-Uni, tout au long d'une carrière comprenant quatre albums d'indie pop mélodique, parfois remuante, parfois tendre, mais presque toujours irréprochable. Le groupe a vieilli sans devenir idiot et inutile, et il sont plus que jamais relevants, à l'heure où la relève de la pop anglaise repose entièrement sur les (très) frêles épaules de Pete Doherty. Et c'est sans parler du live, où ils sont absolument excellents.




