The Raveonettes – In And Out Of Control
Pop with a twist, évidemment. Parfois des gros beats un peu bourrins (Bang, Suicide) mais souvent une jolie recherche mélodique, qui va de pair avec la voix de Sharin Foo. Bien sûr, le bruit et le feedback ne sont jamais bien loin (Gone Forever), mais ils ne sont plus la caractéristique principale de leur son. Last Dance renoue même avec les tubes à la Attack of The Ghost Riders. Mais que dire des paroles... Je ne l'ai remarqué que vers la fin : In and Out of Control est une sorte d'album-concept sur la violence, notamment la violence conjugale. Quand on s'y attache, c'est vraiment bizarre, surtout que les thèmes sont en contrepoids total avec la musique éthérée et aérienne. Il est par exemple quasi impossible de ne pas avoir en tête le refrain-titre de ... Boys Who Rape (Should All Be Destroyed). Franchement embarassant. Autre exemple, Oh I Buried You Today fait penser à la pop des 50s, à Nancy Sinatra (et son Bang Bang) mais est empreint d'un malaise prégnant.
On perd d'ailleurs assez facilement le fil de cet album, qui ressemble plus à une collections de morceaux pas très soignés, alors que le but (producteur + studio alors que Lust Lust Lust était autoproduit at home) était sans doute différent. On retiendra toute fois le fantastique Heart of Stone, même si son riff lorgne un peu trop vers le Lateralus de Tool et Break Up Girls, seul morceau où Sune Rose Wagner se lâche enfin un peu sur les pédales. Sinon, In and Out of Control reste un bon album, mais trop impersonnel, et bien trop loin du précédent. Il fallait peut-être cela pour repartir de l'avant, reculer pour mieux sauter. On le verra dans deux ans.
The Raveonettes – 4 EPs
Sometimes They Drop By est présenté comme étant uniquement électro, et s'ouvre effectivement sur un déluge sonore synthétique. La guitare de Sune Rose Wagner a tellement l'habitude d'être maltraitée par des pédales d'effets elles-même martyrisées qu'il n'y a pas tant de différence, même si certains morceaux, comme Blood Red Leis sont nettement plus dansants que d'habitude. On le ferait volontiers passer dans une soirée new/no/postwave, son beat entêtant ferait des ravages, avant, évidemment, que le feedback ne fasse son entrée. Les voix, par contre, sont toujours aussi posées et deadpan. Ce virage électro est une chouette déviation de leur norme parfois un peu contraignante, et s'applique parfaitement au concept EP, ni trop court, ni trop long. On pourrait quand même regretter qu'ils n'ont pas vraiment été au bout de leurs idées, Sometimes They Drop By est simplement Raveonettes + synthés, alors que Vintage Future comporte quand même une guitare.
Beauty Dies, le numéro trois, a un titre typiquement Raveonettes et revient à une logique plus basique, même si on retrouve quand même un peu d'electro. Tant mieux, rien de plus emmerdant que les étiquettes contraignantes. Young And Beautiful est carrément un des meilleurs morceaux du groupe. Gardant les influences shoegaze qu'on leur connaît, il s'en affranchit notamment en accélérant le tempo. Sharin Foo fait sa Sharin Foo, et c'est fantastique comme ça. Black/White est emmené par une basse motown, prouvant une fois de plus que Wagner et Foo mélangent les influences, les époques pour en faire leur propre genre. The Thief commence par un déferlement de percussion et de piano, montrant que le duo n'a pas de limites dans son imagination, contrairement à ce qu'on aurait pu croire. La prochaine fois, ils sont capable de sortir un album entièrement acoustique, et encore le réussir.
Enfin, le quatrième et dernier EP est de saison, puisque Wishing You A Rave Christmas est évidemment composé de quatre morceaux de Noël, à la sauce Raveonettes. On parle donc de neige et de sapin mais aussi de sous-entendus (on parle quand même d'un groupe qui chantait, il y a quelques années, « My girl is a little animal, she always wants to fuck »). Sympa, parfois dispensable mais ça fera un excellent effet lors de votre repas en famille. Et une bonne idée de soundtrack si le prochain Sofia Coppola se passe en hiver.
Après quatre albums et autant d'EPs, le duo danois n'est plus une surprise, mais simplement un des meilleurs groupes de pop avant-gardiste contemporaine. Il faut parfois faire des efforts et passer outre l'exercice de style, mais le jeu en vaut largement la chandelle.
The Raveonettes – Lust Lust Lust
Un détour vers le nord pour les deux prochains articles de Music Box. Avant Sigur Rós, c'est au tour du duo Danois The Raveonettes, qui vient de sortir son quatrième album. Dingue quand même, non? L'Islande a Sigur Rós (entre autres...), le Danemark The Raveonettes et la Belgique Hollywood Porn Stars. Soit, rien de bien nouveau chez Sune Rose Wagner et Sharin Foo, qui attendent sans doute avec impatience le retour de My Bloody Valentine.
Car, une fois de plus, les influences shoegaze sont enormes, et sont maintenant accompagnée d'une batterie complètement électronique. On se concentre donc sur les voix froides et harmonisées des deux vocalistes, de la basse puissante et d'un mur de son guitaristique qui nous replonge tout droit dans Lost In Translation (pour ma génération 



