Archives de catégorie : Music Box
Chroniques d’albums contemporains
!!! – Louden Up Now
Il y a quelques mois, quelques groupes remettaient au goût du jour le post-punk-funk inspiré par Gang of Four ou encore PiL. Radio 4, The Rapture, LCD Soundsystem gravitaient tous autour d’un homme, le producteur James Murphy. Aujourd’hui, après la preuve de l’incapacité totale qu’avaient ces groupes à sortir un album valable (sauf peut-être Radio 4, dont la première moitié de Gotham est décente), tout ce petit monde est oublié, et le genre musical a été repris et popisé par, entre autres, Franz Ferdinand. !!!, quant à eux (à prononcer chk chk chk ou n’importe quelle série de 3 onomatopées identiques, sic), avaient sorti à l’époque un excellent single, Me and Giuliani Down By The School Yard, single maintenant suivi par un album.
The Datsuns – Outta Sight / Outta Mind
Le fameux mouvement protorock, appelé New Rock Revolution par le NME arrive à un moment intéressant de son histoire : tous les groupes qui y ont été associés ont sorti leur deuxième album, on peut donc voir si le premier n’était pas un coup dans l’eau, et si ces groupes peuvent durer. The Strokes et BRMC ont confirmés sans vraiment améliorer, The Vines se sont lamentablement plantés, The Von Bondies et The Datsuns, quant à eux, ont réalisés un deuxième album fabuleux. On a déjà parlé du Von Bondies, et le Datsuns ne déçoit pas. Autant rock Led Zep (l’album est d’ailleurs produit par John Paul Jones) que Pawn Shoppe Heart était rock garage, OS/OM est un concentré de riffs fabuleux, de morceaux carrément parfaits et d’une voix qui a énormément progressé depuis le début. Même si certains morceaux ne montrent pas trop de progression entre les deux albums, la majorité prouvent une capacité d’évolution insoupçonnable dans le chef des 4 kiwis. Blacken My Thumb est candidat au titre de single de l’année, et le groupe a même réussi à écrire un morceau plein d’émotion, What I’ve Lost. Impressionnant.
Sonic Youth – Sonic Nurse
Les albums de Sonic Youth tombent toujours d’une manière assez régulière, partagés entre les disques plus expérimentaux, et ceux, comme celui-ci, plus accessibles (même si c’est beaucoup dire). On retrouve donc les brutistes new-yorkais, comme toujours avec plaisir, surtout à l’écoute du premier morceau, Pattern Recognition (titre du dernier William Gibson, comme quoi on ne se refait pas), excellent de bout en bout, superbement chanté par Kim Gordon, entre autres, et qui possède même une sorte de refrain. La suite est aussi très intéressante, avec comme d’habitude une alternance vocale salvatrice, et des murs de white noise toujours bien contrôlés, et précédés d’un sens mélodique irréprochable. La suite, malheureusement, ne tient pas toute ses promesses, en abandonnant justement ce qui faisait la force des premiers morceaux pour sombrer dans un obscurantisme ennuyeux et répétitif, un peu comme si le groupe voulait saborder sa propre identité mélodique au profit de sa réputation de groupe lo-fi abscons. Ce qui est très dommage, car des morceaux comme Unmade Bed, The Dripping Dream et Arthur Brown & Mariah Carey (sic) valent la peine d’être réentendus. Malgré tout, Sonic Nurse reste un très bon album, mené par des guitares fabuleuses, même si un refrain et une mélodie ne devrait pas être considérés comme inutiles.Everlast – White Trash Beautiful
Everlast sera toujours connu comme l’ex-leader du groupe de rap House of Pain, une des premières productions de DJ Muggs (Cypress Hill). Mais l’événement majeur de la vie d’Erik Schrody reste son accident cardiaque, qui l’a forcé à subir une opération à cœur ouvert. Everlast en est sorti transformé, et a entamé une seconde carrière, plus marquée par des influences country et folk. On se souvent ainsi de son excellent premier album, Whitey Ford Sings The Blues (1999) porté par le superbe What It’s Like. White Trash Beautiful est son troisième opus, et reste dans la même veine, mixant beaucoup de blues-folk avec un peu de rythmes hip-hop. Everlast est le maître incontesté de ce genre musical, et les résultats sont généralement brillants. Malheureusement, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que l’artiste s’est enfermé dans un carcan, et qu’en sortir n’est pas chose aisée. Les morceaux sont donc assez semblables, limite monotones, et en plus très déprimants. Á apprécier à petites doses, mais la seule existence de cet album, et d’Everlast lui-même force le respect.