Black Rebel Motorcycle Club – Beat The Devil’s Tattoo

Dans la catégorie “où sont-ils maintenant”, voici Black Rebel Motorcycle Club. Il fut un temps, ils étaient considérés comme les sauveurs du rock, à côté d’artistes aux fortunes divers, comme les Strokes, White Stripes, Vines et Datsuns. BRMC avait autant de point commun avec les autres que Nirvana avec Pearl Jam, alliant des influences americana profonde à une recherche anthémique gallagherienne. Mais eux n’ont jamais cherché la facilité, avec ces dernières années un album alt-country et un autre, instrumental et étrange.

Avec un Beat The Devil’s Tattoo au titre presque aussi cliché que leur nom de groupe, les faux bikers mélangent (un peu) leur formule pour en faire ce qui peut être leur meilleur et leur pire album. Meilleur, parce que des morceaux comme Conscience Killer leur montre dans leur meilleur jour post-Stooges, tandis que le morceau-titre rappelle leurs racines bluesy. Pire, parce que finalement, rien n’est bien nouveau, et la seconde moitié de l’album a méchamment tendance à se traîner, rappelant un peu trop souvent quelques fantômes.

BTDT est donc une sorte de synthèse de BRMC (vivent les acronymes), et donc parfois de rappel aux jours de gloire passés : je parlais de l’influence d’Oasis et du gros rock à hymnes, Bad Blood remplit la case, voix traînante comprise. War Machine lorgne plutôt vers le shoegaze, tout comme le My Bloody Valentine light Evol. C’est d’ailleurs le moment de parler de leur nouveau cogneur de fûts, ou plutôt cogneuse. Leah Shapiro remplace l’erratique Nick Jago, et force est de constater que le changement était non seulement nécessaire mais aussi judicieux. Elle n’évolue pas toujours dans un registre ultra-subtil, mais comme force de propulsion, elle est vraiment ce dont le groupe avait besoin. La manière dont elle emmène Mama Taught Me Better me rappelle même le batteur de Them Crooked Vultures. Lui.

Malheureusement, quelques lenteurs, répétitions et longueurs finissent par peser sur l’album, surtout sa seconde moitié. Le groupe a eu l’intelligence de caler un excellent morceau, Shadow’s Keeper, histoire de relever le rythme, mais il est probable que l’album aurait été plus percutant avec deux ou trois morceaux de moins. Ceux qui sont indifférents à Black Rebel Motorcycle Club le resteront, ceux qui n’aiment pas aimeront encore moins. Cependant, le groupe semble être rentré dans une phase apaisée, d’auto-évaluation, et se sont mis à faire ce qu’ils font de mieux. Entre un album expérimental courageux mais inécoutable et un bonne heure de rock ‘n roll, le choix devrait être facile, le mien est fait.

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