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Massive Attack – Collected

Par définition, un best of est censé collecter le meilleur d’un groupe, et donc, de bonnes chansons. Mais à ce point-là, quand même… D’ailleurs, je ne pense même que ce soit la peine d’écrire quoi que ce soit sur le début du disque, si ce n’est les titres :

1 Safe From Harm

2 Karmacoma

3 Angel

4 Teardrop

5 Inertia Creeps

6 Protection


Rien à dire, ni à ajouter en encore moins à retirer. Et la suite comporte aussi ses morceaux de bravoure, comme Rising Son, ou évidemment Unfinished Sympathy. Dommage que, systématiquement, les extraits du dernier album (100th Window, plutôt un album solo de 3D qu’un vrai Massive) sont un ton (ou cinq) en dessous du reste, mais l’inédit, chanté par Terry Callier, est d’un très bon niveau.


Mais le groupe a eu l’excellente idée d’ajouter un second disque rempli d’inédits et de versions alternatives, comme une phénoménale collaboration avec Mos Def et une avec Madonna. Et quand Madonna n’arrive même pas à plomber un morceau, c’est qu’il est vraiment bon.


On peut regretter le Massive Attack d’avant, 100th Window et Danny The Dog n’étaient vraiment pas au niveau du reste. Mais ce best of comprend des compositions absolument extraordinaires, qui ont défini un genre musical et qui restent à ce jour inégalées.

The Vines – Vision Valley

The Vines : ou le groupe en The qui n’a pas marché (ou c’était The Datsuns ?). On se souvient de leur premier album, qui est sorti plus ou moins en même temps que la déferlante Strokes/Stripes. Il présentait au monde ce curieux personnage qu’est Craig Nicholls, surdoué mais très instable, souffrant du syndrome d’Asperger.

Le premier album était correct, et le second carrément mauvais, et leur live show était tellement pourri qu’on les avait déjà enterrés.

Mais c’était sans compter sur Vision Valley. Disons le de suite : ce n’est pas l’album de l’année, mais il a le mérite de jouer parfaitement sur les forces/faiblesses du groupe. Nicholls a un certain talent pour les ballades psyché, mais Winning Days en avait trop ? On en met, mais moins. Kurt Cobain est toujours son héros : on pompe des gros riffs grunge à droite et à gauche, mais on fait en sorte que les morceaux fassent deux minutes de moyenne (mis à part les 6 longues minutes qui clôturent le disque), comme ça personne n’a le temps de réfléchir. Formule qui trouve son apogée sur le premier single Gross Out : agressif, bruyant, accrocheur, 1 minute 18.

Nicholls ne sera jamais l’égal de ses idoles, et The Vines n’aurait peut-être jamais du sortir d’Australie. Il n’empêche, c’est un album correct de rock, c’est tout.

Yeah Yeah Yeahs – Show Your Bones

Alors que leurs collègues New Yorkais The Strokes ont sorti leur troisième album en janvier, les Yeah Yeah Yeahs ont bien pris leur temps, vu que Show Your Bones a pris trois ans pour sortir. Et contrairement aux Strokes (entre autres), le groupe a connu une véritable évolution, ce qui fait que cet album ne ressemble que très peu à leur début, Fever To Tell.

Le morceau d’ouverture, Gold Lion, donne le ton, débutant avec une guitare acoustique et des paroles répétées et s’achevant dans un chaos contenu au-dessus duquel trône les cris de Karen O, figure de proue du nu-rock et personnalité très attachante. Les Yeah Yeah Yeahs ne sont que trois, mais remplissent totalement l’espace stéréophonique, grâce à l’excellente batterie de Brian Chase, et les acrobaties guitaristiques d’un Nick Zinner qui pourrait être le nouveau John Frusciante. Ceci dit, certains morceaux sont agrémentés par des claviers ou par une seconde guitare.

La première moitié de l’album est très solide, mais les morceaux obéissent à leur propre logique, sans chercher le refrain qui tue, ou l’énergie juvénile à la Date With The Night. Honeybear va flirter avec le disco, et le superbe Cheated Hearts montre que les YYY peuvent égaler, au minimum, le magnifique Maps.

La seconde moitié du disque continue dans cette expérimentation étonnante, comme Dudley, très Sonic Youth, ou l’énergique Mysteries. Ceci dit, la qualité est relativement inégale, mais il faut dire que la barre est placée très haut à certains moments.


Show Your Bones
est original, organique, personnel, mais rend l’écoute parfois bizarrement inconfortable, quand on est habitué à des seconds albums plus consensuels.

Ben Harper – Both Sides Of The Gun

On pourra dire ce qu’on veut, mais petit à petit, album après album, Ben Harper commence sérieusement à perdre son intérêt. Heureusement, ce 8ème effort studio, un double, explore les différentes facettes de Ben, toutes aussi brillantes les unes que les autres.


L’album est tellement varié qu’on a l’impression d’écouter un Ben Harper en 10 leçons. On a du funk très Prince, du blues électrique, du gospel, du folk pur et dur, et du rock hendrixien, entre autres.


Le talent de Ben Harper, autrefois connu comme maître d’une slide guitar qu’il n’utilise quasiment plus, ne semble connaître aucune limite. Malheureusement, il choisit de nous le montrer dans un mode quasi pédagogique, ce qui peut apparaître comme assez gênant. De plus, comme pour quasiment tous les albums doubles, si on retire les morceaux moins bons, on en fait un simple album excellent.


Ben Harper sauve la mise grâce à son immense talent, mais il n’aura toujours pas réussi à livrer son album, celui qui le définira pour les décennies à venir. Mais il en est parfaitement capable.