Korn – Unplugged

Dans le genre idées géniales, MTV a décidé de relancer sa célèbre série, qu’on ne présente plus. Celle-là même qui a permis à Alice In Chains, Pearl Jam et Nirvana d’enregistrer des sessions mémorables, et à Lauryn Hill de se ridiculiser totalement. Demander à Korn d’enregistrer un Unplugged, c’est un peu Damien Rice au Graspop, ou Jay-Z au festival national annuel du KKK. Mais bon, donnons-leur le bénéfice du doute, en sachant qu’ils ont un paquet de bons morceaux, et qu’on pourrait être surpris par l’inventivité des nouveaux arrangements.

Et tant qu’à faire dans la démesure, autant commencer par leur morceau le plus populaire, Blind, créateur de moshpit par excellence, ici arrangé en version flamenco. Jonathan Davis, le chanteur très habité, à l’habitude de chanter ses morceaux d’une manière assez particulière, qui leur convient très bien. Ici, il doit bien chanter, et on entend que des années d’excès n’ont pas fait beaucoup de bien à sa voix. Au moins, il essaie, mais le problème, c’est que le naturel revient bien vite au galop, et Davis se remet à hurler (avec un peu de retenue, quand même). Ce qui fait qu’on se retrouve devant le Korn qu’on connait, mais avec des guitares acoustiques et un piano. Pas bien. Même chose pour le choix des morceaux, qui reprend les plus gros hits du groupe, sans penser que leur traduction acoustique serait impossible. S’inspirer de Nirvana aurait été la bonne voie.

Encore moins bien, est la reprise de Creep (de Radiohead, hein, pas des Stone Temple Pilots). On se rend bien compte que le thème du morceau colle bien avec Jon “Caliméro” Davis, mais quand même, on l’a trop entendue et elle est impossible à reprendre correctement. Les surprises ne s’arrêtent as là, puisque Amy Lee, des très dispensables Evanescence vient pousser la chansonnette sur Freak On A Leash.

L’album se sauve de la poubelle vers la fin, quand Robert Smith et ses joyeux lurons viennent reprendre In Between Days, sandwichée avec Make Me Bad, avant qu’il ne se termine avec Throw Me Away, ou les percussions japonaises viennent apporter une nouvelle dimension bienvenue. Mais c’est déjà fini. L’album dure 44 minutes pour 11 morceaux, alors que 14 avaient été enregistrés. Il apparaît donc que 3 morceaux n’étaient même pas assez bons pour figurer sur le disque, qui restera à jamais classé comme mauvaise idée. Ceci dit, Korn reste un des groupes heavy les plus inventifs, et le prochain album (qui sort en juin) sera sans doute fort intéressant. Plus que ceci.

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