Mon année 2011, seconde partie

Chaque année apporte son lot de bonnes surprises, mais aussi de déceptions. 2011 aura vu, une fois de plus, un paquet de vieilles gloires se reformer (Soundgarden, Pulp, Suede, Stone Roses et environ trois millions d’autres) mais on attend toujours du nouveau matériel pour la plupart d’entre eux, qui se contentent de se la jouer Pixies. En ce qui concerne les vieilles gloires qui elles, ont sorti de la nouvelle musique, le bilan n’est pas très réjouissant. Red Hot Chili Peppers, Incubus, Korn, Limp Bizkit : moins on parle de leurs nouvelles productions, mieux c’est. D’autres ont été moins mauvais, mais sans plus : le retour de Blink-182 était très dispensable, et la somme de Beady Eye et de Noel Gallagher’s High Flying Birds ne vaut clairement pas Oasis. Mention encore plus spéciale à Coldplay, qui continue à réinventer le concept du c’est-pas-un-plagiat-mais-un-hommage et, naturellement, l’exploit olympique de Lulu. On aura aussi pu être déçu de tous ces groupes dont on nous promettait monts et merveilles, et qui n’auront juste tenu que le temps d’une couverture du NME, avant la sortie de leur album, évidemment. WU LYF (dont l’album n’est pas mauvais, mais…), (Viva) Brother, Frankie and the Heartstrings ou les Vaccines s’y reconnaîtront. Enfin, d’un point de vue purement personnel, je n’ai pas accroché à M83, et je ne supporte toujours pas Bon Iver, désolé.

Voici maintenant le second quart du “classement” de mes albums préférés de 2011, de 15 à 11.

15 Dum Dum Girls – Only In Dreams

J’aime beaucoup les Raveonettes, mais force est de constater que les Dum Dum Girls, produites par Sune Rose Wagner (et Richard Gottehrer, évidemment) ont dépassé le maître cette année. On a beau avoir eu ce qu’on attendait d’elles, on est positivement surpris par la relative variété de l’album, dans un contexte (shoegaze pop vaguement éthéré) assez restreint. Mention spéciale à l’hypnotique Bedroom Eyes, mais l’album, court, ne souffre d’aucun point faible. On notera aussi l’EP He Gets Me High, sorti plus tôt dans l’année et d’excellente facture également. D’ailleurs, vu que l’album n’est pas dispo sur Spotify, c’est l’EP qui est en lien ci-dessous.

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14 Fucked Up – David Comes to Life

The Shape of Punk To Come, qu’ils disaient. Le punk, en 2011, c’est ça (et les jeunes du numéro 10, on y arrive) : à savoir prendre les règles, les mettre dans une boîte, sauter dessus à pieds joints et puis la poignarder. Ce qui, finalement, n’a pas vraiment changé en 25 ans ; ce qui a changé, c’est l’application. Fucked Up a sorti un album très, très long (pas aussi long que Lulu, mais long quand même), avec aucun temps mort, et, qui plus est basé sur un concept que je pourrais vous raconter si j’avais réussi à suivre le flot incontrôlable éructé par Damian “Pink Eyes” Abraham pendant une heure et vingt minutes qui cognent fort. Trop fort, d’ailleurs, on pourrait parfois rechercher un peu d’air, et un peu de variété. Mais hey, punk rock. Green Day ce n’est pas.

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13 Beastie Boys – Hot Sauce Committee Part II

On l’aura attendu, cet album. Le trio new-yorkais n’a jamais été pressé (ce n’est jamais que leur troisième album en treize ans, si l’on exclut l’instrumental The Mix-Up), mais le cancer d’Adam Yauch a reporté l’album de plus d’un an. L’attente aura largement valu la peine : HSC2 (le 1 n’existera probablement jamais, comme ils sont drôles) est un excellent album d’un groupe qui n’aura de toute façon jamais été mauvais. Mais de là à être si bon, il y avait une marge, facilement franchie. Samples adéquats, flows inspirés, passages instrumentaux (une majorité de “vrais” instruments) tantôt secs, tantôt planants , une sorte de Sabotage du vingt-et-unième siècle (Lee Majors Come Again) et du tube (Don’t Play No Game That I Can’t Win) : il y a à boire et à manger, mais rien à jeter. Très impressionnant.

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12 Radiohead – The King of Limbs

AKA the Twitter album. Il est sorti tellement vite, 24 heures avant la date prévue, que tout le monde s’est jeté dessus pour être le premier à en parler. Sauf que tout ce petit monde s’est rendu vite compte qu’il s’agissait de l’opus le plus sombre, le plus expérimental et le moins immédiat de toute leur carrière. Les reviewers plus rapides que leur clavier en ont déduit qu’il n’y avait pas de guitare (il y en a sur chaque morceau, ou presque) et qu’il allait forcément y avoir très vite une suite, on n’allait quand même pas n’avoir que ça. Si on essaie de s’élever un peu au dessus de cet océan de médiocrité, on se rendra compte que TKOL est un album captivant, qui fonctionne comme une unité difficilement divisible, et qui comprend quelques terribles moments de brillance. Et pour ceux qui regrettent un Radiohead un peu plus traditionnel (pas celui de The Bends, quand même), le récent single Staircase/The Daily Mail est à conseiller. Pour ce qu’il est, The King of Limbs est un bon album, mais très insaisissable.

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11 Kurt Vile – Smoke Rings for My Halo

Kurt Vile rend la vie facile. Tout a l’air si simple, pour lui. On a vraiment l’impression qu’il s’assied dans un fauteuil, sort sa guitare, démarre son 4-pistes, et voilà. Springsteen/Young/Dylan post-quelque chose, version bedroom lo-fi. Superbes mélodies, un jeu de guitare aérien et une voix forcément pas trop assurée, à mi-chemin entre ces parangons du brol bricolé que sont Thurston Moore et Graham Coxon. On risque parfois de tomber dans la neurasthénie, mais peut-être qu’un jour, Kurt Vile nous fera un vrai album, bien produit et tout ça. Et on regrettera celui-ci. Très fort.

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La suite bientôt, avec en plus les oubliés de ce classement.

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